Il n’existe aucun chiffre officiel, en Belgique comme dans le reste de la francophonie : personne ne mesure le parcours complet « candidature → entretien ». Les seules vraies références sont des moyennes d’employeurs internationales, de l’ordre d’un entretien pour une trentaine de candidatures. Mais ton chiffre à toi dépend surtout de l’adéquation entre ton profil et l’offre, bien plus que du volume.
Le chiffre que tout le monde cite (et ce qu’il vaut)
Le point de repère le plus solide vient du rapport 2025 de CareerPlug, qui a analysé plus de 10 millions de candidatures reçues par plus de 60 000 petites entreprises (données 2024) :
- 3 % des candidatures débouchent sur un entretien — soit environ un entretien pour 33 candidatures.
- 180 candidatures par embauche en moyenne, tous secteurs confondus.
- 27 % des entretiens se transforment en embauche.
Trois précautions avant de prendre ces nombres pour argent comptant. D’abord, ce sont des moyennes côté employeur, agrégées sur des milliers d’entreprises surtout américaines : elles décrivent un marché, pas ta situation. Ensuite, l’écart entre secteurs est énorme — CareerPlug relève par exemple environ 234 candidatures par embauche dans l’automobile contre 57 dans l’éducation et la petite enfance. Enfin, ces chiffres ne s’emboîtent pas comme une équation : multiplier 3 % par 27 % donnerait une embauche pour 123 candidatures, pas pour 180. Ce sont des indicateurs séparés, pas les maillons d’un même entonnoir. À lire comme un ordre de grandeur, donc : quelques dizaines de candidatures par entretien, et non un quota gravé dans le marbre.
Pourquoi il n’existe pas de chiffre belge ni français
Tu chercheras en vain une statistique du VDAB, du Forem, d’Actiris, de l’APEC ou de France Travail qui dise « il faut X candidatures pour un entretien ». Ce n’est pas un oubli : ces organismes mesurent les postes vacants, les embauches, le chômage ou la difficulté de recrutement, pas le parcours individuel candidature → entretien → offre. Le dénominateur n’existe tout simplement pas dans leurs données.
Ce qu’on sait, en revanche, c’est que les offres finissent le plus souvent par être pourvues : France Travail rapporte que, sur environ 3,5 millions d’offres d’au moins un mois clôturées en 2023, 82,9 % ont été pourvues. Autrement dit, le problème n’est presque jamais « il n’y a pas de poste » — c’est « comment être vu·e parmi les candidatures ». Méfie-toi donc des « 20 candidatures par entretien selon l’APEC » qui circulent : cette phrase passe de site en site sans étude d’origine identifiable. Un bon chiffre a toujours une source, une année et un échantillon.
Ce qui fait vraiment bouger ton ratio
La bonne nouvelle : ce ratio n’est pas une loi de la nature, c’est un levier. Et le volume est le levier le plus faible. Voici ceux qui comptent.
Cibler plutôt qu’arroser
Postuler à cent offres génériques fatigue plus que ça ne convertit. Les candidatures ciblées — où l’adéquation entre ton profil et l’offre saute aux yeux — sont unanimement recommandées par les recruteurs. Prudence toutefois : aucune étude publique solide ne chiffre « une candidature ciblée convertit X fois mieux ». Retiens le principe, pas un multiplicateur magique. Notre comparatif sur la candidature automatique explique pourquoi déléguer l’envoi en masse à une IA se retourne souvent contre toi.
Un CV que les ATS savent lire
Avant un humain, c’est souvent un logiciel (ATS) qui trie. Un CV mal structuré peut être mal analysé, donc écarté avant même d’être lu. Rendre ton CV lisible par ces outils ne « multiplie » pas tes chances par un facteur connu — c’est d’abord une réduction de risque : tu évites d’être filtré·e pour un motif purement technique.
Relancer, au bon moment
Une relance polie remet ta candidature sous les yeux du recruteur au moment où il décide. On ne dispose pas d’un taux universel prouvant son effet, mais c’est gratuit, rapide, et ça ne coûte qu’un message. Nos guides quand relancer un recruteur et 8 modèles de mail de relance te donnent le timing et les mots.
Le métier compte : es-tu dans une fonction en pénurie ?
Ton secteur change tout. En 2025, le VDAB a recensé 251 métiers en pénurie en Flandre (10 de plus qu’en 2024) ; en Wallonie, le Forem en identifiait 112 en 2024 (EURES Belgique). Dans une de ces fonctions, le rapport de force s’inverse : c’est l’employeur qui peine à recruter, et quelques candidatures bien menées suffisent parfois. Dans un métier très prisé des candidats, il en faudra davantage — d’où l’intérêt de savoir où tu te situes.
Combien viser, concrètement ?
Plutôt que de courir après le chiffre des autres, mesure le tien. Note, pour chaque candidature : la date, la réponse (ou son absence), l’entretien décroché. Au bout de quinze ou vingt candidatures, ton propre taux de conversion apparaît — et surtout l’endroit où ça coince : jamais de réponse (CV ou ciblage à revoir), des réponses mais pas d’entretien (lettre ou adéquation), des entretiens sans offre (préparation). C’est cette lecture qui fait progresser, pas le fait d’empiler les envois.
Un ordre de grandeur raisonnable pour planifier ton énergie : attends-toi à plusieurs dizaines de candidatures sur un parcours complet, étale-les dans le temps, et protège-toi de l’épuisement — c’est un marathon, pas un sprint. Pour garder tout cela au clair sans y passer tes soirées, tu peux partir d’un modèle de tableau de suivi gratuit, ou laisser tonjobidéal suivre tes candidatures et tes relances à ta place.
Sources
- CareerPlug, Recruiting Metrics Report 2025 (données 2024, plus de 10 millions de candidatures) — careerplug.com.
- VDAB, liste des métiers en pénurie 2025, Flandre — vdab.be.
- Le Forem via EURES, métiers en pénurie 2024, Wallonie — eures.europa.eu.
- France Travail, offres d’au moins un mois clôturées et pourvues en 2023.
Questions fréquentes
Combien de candidatures faut-il pour décrocher un entretien ?
Il n’existe pas de chiffre officiel pour la Belgique ou la France. La meilleure référence disponible est une moyenne d’employeurs internationale (CareerPlug, données 2024) : environ 3 % des candidatures mènent à un entretien, soit à peu près un entretien pour trente à quarante candidatures. C’est un ordre de grandeur, pas une garantie : ton résultat dépend surtout de l’adéquation entre ton profil et l’offre.
Combien de candidatures pour trouver un emploi ?
Le même rapport fait état d’environ 180 candidatures par embauche, tous secteurs confondus, avec de très fortes variations d’un métier à l’autre. Ce nombre décrit le marché côté employeur, pas ton parcours personnel : dans une fonction en pénurie, il peut être bien plus bas.
Vaut-il mieux postuler en masse ou cibler ses candidatures ?
Cibler. Envoyer beaucoup de candidatures génériques épuise sans forcément convertir, et les plateformes qui postulent « en un clic » à ta place aggravent souvent le problème. Mieux vaut moins de candidatures, mieux ajustées à chaque offre — même si aucune étude publique ne chiffre précisément l’écart de conversion.
Existe-t-il une statistique officielle belge ou française sur le sujet ?
Non. Le VDAB, le Forem, Actiris, l’APEC et France Travail publient des données sur les postes vacants, les embauches, le chômage et la difficulté de recrutement, mais pas sur le nombre de candidatures nécessaires pour obtenir un entretien. Les chiffres attribués à l’APEC qui circulent en ligne n’ont pas de source vérifiable.
Un CV lisible par les ATS augmente-t-il vraiment mes chances ?
Il réduit surtout un risque : celui d’être mal analysé par le logiciel de tri et écarté pour un motif technique, avant même qu’un humain te lise. Les sources disponibles ne permettent pas de chiffrer un gain précis, mais un CV clair et bien structuré ne peut pas te desservir.